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Présentation rapide de LaTeX2e
Chapitre 5 - Structure et compilation d'un document de base


Nous allons donner ci-dessous un exemple de document LaTeX très simple (mais un peu long à cause des commentaires !) qui charge les packages vitaux pour écrire correctement en français. On peut le compiler avec pdflatex. Il suffit pour ce faire de donner au fichier un nom se terminant en .tex, par exemple exemple.tex, et de lancer la compilation dans le répertoire (dossier) contenant ce fichier :

Les commandes précédentes peuvent être entrées dans un shell : Bash, Zsh ou autre sous Unix/Linux, invite de commandes cmd.exe sous Windows... Elles utilisent le moteur + driver pdfTeX[20], en tout cas en 2018. Elles ne fonctionneront bien sûr que si le programme invoqué (ici, pdflatex) est présent dans au moins un des répertoires listés dans la variable d'environnement PATH. Si d'aventure vous avez opté pour le format DVI, le fichier obtenu pourra être converti en PostScript avec une commande du type :

     dvips -o exemple.ps exemple.dvi

Suivant la configuration de dvips, vous pouvez même omettre le -o exemple.ps. Mais si vous ne vérifiez pas cette configuration préalablement, vous prenez le risque d'envoyer le fichier à l'imprimante par défaut...

L'exemple de document ci-dessous contient des commentaires assez volumineux et parfois techniques sur le contenu du préambule. Il n'est pas nécessaire de tous les comprendre dans un premier temps, mais à force d'utiliser ces commandes, le lecteur curieux se posera certainement des questions sur leur nécessité et les alternatives possibles, questions sur lesquelles les commentaires susmentionnés offriront, je l'espère, quelques éclaircissements. :-)

     \documentclass[a4paper,12pt,french]{article}
     % « article » est le nom de la classe du document et peut être remplacé par
     % « book », « report » ou d'autres selon les besoins (par exemple, « lettre »,
     % si l'on a installé la classe en question qui, contrairement à « letter »,
     % n'est pas une classe LaTeX standard).
     %
     % « 12pt » indique la taille « normale » des fontes (cf. \normalfont,
     % \normalsize...).
     %
     % L'option « french » est utilisée par... les packages qui la reconnaissent :
     % en premier lieu babel, mais aussi d'autres packages tels que varioref.
     
     \usepackage{lmodern}
     % Ce package permet d'utiliser les fontes Latin Modern. C'est un très bon
     % choix, notamment si vous voulez générer un fichier PDF contenant des
     % caractères accentués avec une fonte qui est Computer Modern (à quelques
     % détails près, dont le but est précisément d'améliorer Computer Modern en
     % ajoutant des caractères qui n'y étaient pas et en corrigeant de petites
     % imperfections — selon le point de vue des auteurs des fontes Latin
     % Modern, tout au moins).
     %
     % La clé pour générer des fichiers PDF qui s'affichent correctement partout,
     % sans effet de crénelage, est d'utiliser des fontes vectorielles, par exemple
     % au format PostScript Type 1, TrueType ou OpenType.
     %
     % De plus, si l'on veut écrire correctement en français (ou d'autres langues
     % européennes), il faut que les fontes utilisées supportent le codage T1. Dans
     % la famille Computer Modern, ceci peut être obtenu ou bien avec les fontes
     % Latin Modern ou cm-super (toutes les deux au format PostScript Type 1), ou
     % bien en utilisant, via les packages « ae », « aeguill » ou « zefonts », des
     % fontes virtuelles codées en T1 qui font référence à la version PostScript
     % Type 1 des fontes Computer Modern placée dans le domaine public par
     % l'American Mathematical Society en 1997 (ces dernières sont d'excellente
     % qualité, mais ne supportent malheureusement, tout comme les fontes Computer
     % Modern originales de Donald Knuth, que le codage OT1 ; c'est pour cela qu'il
     % est nécessaire d'utiliser des fontes virtuelles pour en tirer parti dans un
     % document utilisant le codage T1). Si vous ne comprenez rien à ce paragraphe,
     % ce n'est pas grave : utilisez simplement lmodern comme ci-dessus. :-)
     %
     % Hors de la famille Computer Modern, il y a de nombreux choix au format
     % PostScript Type 1 (gratuits : Times, Helvetica, Utopia, Palatino,
     % AvantGarde... ou payants : Garamond, Minion, Sabon...). La difficulté
     % principale lorsque l'on s'éloigne de Computer Modern est de trouver une
     % police mathématique qui va bien avec la police utilisée pour le texte. Dans
     % le cas particulier d'Utopia, le problème est réglé grâce au système
     % Fourier-GUTenberg de Michel Bovani (M. Bovani a créé une fonte mathématique
     % spécialement pour Utopia).
     
     \usepackage[T1]{fontenc}
     % Le codage de fontes T1 (codage de sortie du moteur TeX) est le seul codage,
     % à l'heure où j'écris ces lignes, vraiment adapté aux documents rédigés en
     % français et plus généralement dans des langues « européennes » (caractères
     % accentués, etc.). À moins de n'écrire sans aucun accent, cédille, etc.,
     % c'est ce codage qu'il vous faut utiliser. Et même si vous écrivez un
     % document en anglais, il reste assez peu de raisons aujourd'hui d'utiliser le
     % codage OT1 à la place de T1.
     
     \usepackage[utf8]{inputenc}
     % Ceci indique le codage d'entrée pour TeX, autrement dit le codage de
     % caractères dans lequel le fichier source est stocké. Historiquement, dans
     % les pays d'Europe occidentale, le codage le plus courant pour les fichiers
     % texte a longtemps été ISO 8859-1, également connu sous le nom de Latin 1
     % (passer 'latin1' à inputenc). Aujourd'hui, le codage universel UTF-8 tend à
     % s'imposer, c'est pourquoi je propose de l'utiliser ici, quitte à le
     % remplacer par 'latin1' au cas où vous rencontreriez des problèmes liés au
     % codage d'entrée (risque de plus en plus faible au fil du temps). Il faut en
     % tout cas que l'éditeur de texte utilisé pour écrire le fichier .tex utilise
     % le même codage que celui déclaré ci-dessus à inputenc (sinon, il y aura des
     % erreurs avec les caractères accentués, notamment).
     %
     % N.B. : si vous utilisez le codage Windows-Europe-occidentale non standard,
     %        la valeur à passer à inputenc est 'ansinew'.
     
     \usepackage{textcomp}
     % L'utilisation de ce package donne accès à un certain nombre de caractères du
     % codage de fontes TS1. Elle est recommandée quand on utilise le codage de
     % fontes T1.
     
     \usepackage{xspace}     % vivement conseillé lorsqu'on utilise babel avec
                             % l'option « french » (xspace permet une meilleure
                             % gestion des guillemets à la française)
     
     % Marges du document et paramètres apparentés (empagement)
     %
     % On peut régler les marges explicitement, par exemple de cette façon qui
     % s'adapte à la largeur du papier (dimensions inspirées du canon des ateliers
     % dit « de luxe », modifiées pour que marge gauche = marge droite -> ceci ne
     % convient pas pour un livre relié ; pour régler les marges gauche et droite
     % indépendamment l'une de l'autre, utiliser les options 'left' et 'right', ou
     % 'inner' et 'outer' à la place de 'hmargin') :
     \usepackage[footskip=0.0837\paperwidth, hmargin=0.15\paperwidth,
                 top=0.16667\paperwidth, bottom=0.23333\paperwidth]{geometry}
     % Pour le papier A4, ce qui précède est équivalent à :
     % \usepackage[footskip=50pt,hmargin=3.15cm,top=3.5cm,bottom=4.9cm]{geometry}
     %
     % Une autre manière de procéder, probablement meilleure sur le plan
     % typographique, consiste à se reposer sur le package 'typearea' (voir la
     % documentation de KOMA-Script[1]). Ce package utilise un algorithme qui
     % s'adapte à la police principale du document et permet de prendre en compte
     % très facilement l'espace perdu à cause de la reliure si l'on prépare un
     % document destiné à être relié (p. ex. un livre).
     %
     %   [1] https://ctan.org/pkg/koma-script
     %
     % % BCOR est l'espace perdu dans la reliure, sur une page donnée. DIV=calc
     % % calcule de « bons » paramètres en fonction de la police principale du
     % % document (qu'il convient donc de charger avant ; sinon, utiliser
     % % \recalctypearea).
     % \usepackage[BCOR=0mm,DIV=calc]{typearea} % alternative à 'geometry'
     %
     % Que l'on utilise 'geometry' ou 'typearea', les packages 'layout' et
     % 'showframe' peuvent s'avérer utiles pour contrôler le résultat.
     
     \usepackage{babel}
     \frenchbsetup{AutoSpacePunctuation=false,og=«,fg=»}
     % babel permet d'écrire confortablement dans d'autres langues que l'anglais
     % et aide dans une certaine mesure à respecter leurs conventions
     % typographiques.
     
     % \usepackage{graphicx} % à décommenter si le document comporte des images
     
     \usepackage[final,babel]{microtype}
     % Ceci est optionnel : microtype implémente des algorithmes de
     % microtypographie qui donnent de la souplesse au formatage des paragraphes
     % et peuvent améliorer le résultat visuel.
     
     \usepackage[colorlinks=true]{hyperref}
     % hyperref permet d'obtenir une table des matières et des références croisées
     % cliquables (notes de bas de page, numéros de figures, d'équations, etc.)
     % lorsque le driver utilisé produit du PDF. Ajoutez l'option 'allcolors=black'
     % si vous souhaitez imprimer en noir et blanc.
     %
     % On peut aussi renseigner les métadonnées à inclure dans le document PDF
     % produit, le cas échéant (ceci est totalement optionnel) :
     \hypersetup{
       pdftitle={Titre de mon document},
       pdfauthor={Florent Rougon},
       pdfsubject={LaTeX},
       pdfkeywords={LaTeX, exemple, document}
     }
     
     \begin{document}
     % Si vous utilisez une classe KOMA-Script, vous avez aussi droit à un
     % \subtitle, entre autres.
     \title{Titre de mon document}%
     \author{Florent \bsc{Rougon}}% \bsc est une commande définie par babel ; on
                                  % peut utiliser \textsc pour un résultat
                                  % similaire (qui ne fait pas une seule boîte).
     \date{}% Pour ne pas afficher la date
     \maketitle % Commande qui produit le titre, le(s) auteur(s) et la date
                % indiqués par \title, \author et \date. On peut très bien
                % supprimer l'appel à cette commande et préparer tout cela
                % soi-même. À cet effet, l'environnement titlepage est chaudement
                % recommandé (cf. LaTeX book).
     
     Du texte, du texte, du texte...
     
     \part{Un titre de partie}
     
     \section{Un titre de section}
     
     Une petite formule mathématique pour la route :
     \[ \sum_{n=1}^{+\infty} \frac{1}{n^2} = \frac{\pi^2}{6}. \]
     
     % \tableofcontents % pour obtenir une table des matières (compiler le document
                        % au moins deux fois de suite pour qu'elle soit à jour
                        % si c'est la première compilation avec \tableofcontents !)
     \end{document}

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Version 1.30 (1er août 2019)

Florent Rougon mailto:f . rougon (**AT**) free [point] fr