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Lorsque l'on travaille avec (La)TeX, on édite une sorte de code source contenu
dans un fichier .tex. Les programmes tex,
latex, pdftex, pdflatex,
luatex, lualatex, xetex,
xelatex, etc., transforment ce fichier .tex en un
format plus sympathique pour visualiser ou imprimer le résultat. Il y a trois
formats de sortie principaux (en 2019) :
Le premier historiquement est le format DVI (fichiers .dvi). C'est un format extrêmement compact mais qui présente des inconvénients pour échanger avec d'autres personnes, sauf cas particuliers (plus d'explications ci-dessous[14]).
Le deuxième est le format PostScript (fichiers .ps). Il est assez flexible et adapté pour échanger des documents comme pour les imprimer, mais il lui manque quelques fonctionnalités « modernes » dont dispose le format PDF. De plus, les programmes pour visualiser les fichiers PostScript sont aujourd'hui beaucoup moins répandus que ceux permettant de voir les fichiers PDF.
Le format le plus récent est donc PDF. Il est généralement plus compact que PostScript, parfaitement adapté à la visualisation sur écran comme à l'impression, les logiciels pour le lire sont extrêmement répandus sur toutes les plate-formes modernes et ce format possède pas mal de fonctionnalités absentes de PostScript, par exemple la table des matières déroulable et cliquable.
Nous allons expliquer ci-dessous comment transformer un fichier .tex en DVI, PostScript ou PDF. Nous donnerons également des renseignements complémentaires sur les formats DVI et PostScript, qui vous sont probablement mystérieux si vous découvrez le monde TeX.
Si vous ne souhaitez pas rentrer dans ces détails maintenant, retenez simplement que la commande pdflatex mon-doc.tex convient parfaitement pour produire un fichier PDF (mon-doc.pdf) à partir d'un document LaTeX contenu dans le fichier mon-doc.tex.
Examinons maintenant différentes manières d'obtenir un fichier imprimable à partir d'un fichier TeX. Afin de fixer les idées, nous supposerons que notre fichier source s'appelle mon-doc.tex. Sans distinguer le format au sens TeX pour l'instant (c'est-à-dire plain TeX, LaTeX, ConTeXt, etc.) — autrement dit, en ne considérant que les moteurs ou moteurs + drivers — voici les principales façons de procéder en 2019 :
mon-doc.tex -> mon-doc.pdf directement avec pdfTeX, LuaTeX ou XeTeX ;
mon-doc.tex -> mon-doc.dvi avec pdfTeX ou LuaTeX en mode DVI[15], ou encore avec le moteur TeX traditionnel de Donald Knuth[16].
mon-doc.dvi -> mon-doc.pdf avec une commande du type dvipdfmx mon-doc.dvi.
mon-doc.dvi -> mon-doc.ps avec une commande du type dvips -o mon-doc.ps mon-doc.dvi.
Il est également possible d'obtenir une sortie au format DVI « étendu » avec XeTeX, d'extension xdv, et de le convertir en PDF avec le programme xdvipdfmx.
Les programmes indiqués ci-dessus sont les moteurs et drivers TeX (parfois les deux combinés en un seul programme). Si l'on prend aussi en compte les différents formats au sens TeX du terme (plain TeX, LaTeX, ConTeXt...), ce qui précède se décline en un certain nombre de commandes supplémentaires. Par exemple, pour un document LaTeX (choisissons ce format), la conversion directe de .tex vers .pdf peut être effectuée avec, au choix :
pdflatex mon-doc.tex
xelatex mon-doc.tex
lualatex mon-doc.tex
tandis que pour la conversion de .tex vers .dvi, on pourra utiliser l'une des commandes suivantes :
latex mon-doc.tex (a priori équivalent à pdflatex -output-format dvi mon-doc.tex dans TeX Live 2016) ;
lualatex -output-format dvi mon-doc.tex
En revanche, si mon-doc.tex utilise le format plain TeX et non LaTeX (plain TeX n'étant pas le sujet de ce document outre mesure !), vous pouvez utiliser :
pdftex mon-doc.tex pour obtenir du PDF avec le moteur pdfTeX ;
luatex mon-doc.tex pour obtenir du PDF avec le moteur LuaTeX ;
tex mon-doc.tex pour obtenir du DVI avec le moteur TeX traditionnel de Donald Knuth ;
pdftex -output-format dvi mon-doc.tex pour obtenir du DVI avec le moteur pdfTeX ;
luatex -output-format dvi mon-doc.tex pour obtenir du DVI avec le moteur LuaTeX (commande a priori équivalente à dviluatex mon-doc.tex).
Donnons maintenant quelques renseignements sur les fichiers DVI (par exemple, mon-doc.dvi), pour les lecteurs curieux. Le sigle DVI signifie DeVice Independent, car le fichier DVI ne contient pas d'images bitmap des caractères (ce qui impliquerait de choisir une résolution adaptée au périphérique de sortie — imprimante ou écran), mais seulement les noms des fontes[17] et les codes correspondant à chacun de ces caractères dans la fonte en question.
On peut visualiser un fichier DVI avec xdvi sous Unix/Linux,
YAP, WinDVI ou DVIWin sous Windows (si
ces programmes Windows existent encore). Tous ces programmes nécessitent
d'avoir une distribution TeX fonctionnelle (voir Les principales distributions TeX, Chapitre
7) afin de calculer les images bitmap des caractères utilisés dans le
fichier DVI à partir des définitions (vectorielles) de leurs polices à la
résolution souhaitée pour l'affichage sur écran (ceci pourrait changer
à l'avenir car le rendu des fontes PostScript Type 1 nécessite « simplement »
une bibliothèque adéquate, que certains viewers de fichiers DVI comme
xdvi savent utiliser ; il n'y a pas besoin d'appeler METAFONT pour
obtenir un rendu bitmap des caractères si un fichier DVI ne fait appel qu'à des
polices PostScript Type 1).
Donnons maintenant quelques renseignements sur les fichiers PostScript (par
exemple, mon-doc.ps). Il s'agit d'un format général de
description de pages qui n'est pas spécialement lié à TeX. Quand on travaille
sur un document (La)TeX, on obtient généralement une sortie au format
PostScript à partir du fichier DVI utilisé comme intermédiaire. La conversion
de DVI vers PostScript est typiquement effectuée avec le programme
dvips, au moyen d'une commande du type
dvips -o sortie.ps entrée.dvi.
Un fichier PostScript contient beaucoup plus d'informations qu'un fichier DVI (mais cette information est dégradée par rapport à celle du fichier DVI quand le fichier PostScript incorpore une version bitmap des fontes, au format PostScript Type 3 généralement ; il faut s'efforcer de n'utiliser que des polices PostScript Type 1 dans les documents PostScript que l'on diffuse ; par contre, il n'y a aucun problème a utiliser des polices PostScript Type 3 à la résolution de son imprimante si le but est seulement d'imprimer le document sur une imprimante donnée). En particulier, un fichier PostScript contient toujours le dessin des caractères (des glyphes, pour être exact), ce qui n'est pas le cas avec le format DVI ; d'où la nécessité dans ce cas de disposer des polices utilisées dans le document, afin justement de trouver le dessin de chaque glyphe. On peut visualiser un fichier PostScript avec un programme indépendant des distributions TeX[18], ce qui est assez pratique pour le commun des mortels...
Quand on a choisi PostScript comme format de sortie, le format d'image le plus simple pour inclusion dans un document LaTeX est Encapsulated PostScript (en abrégé EPS, d'extension eps). Les viewers de fichiers PostScript savent afficher ces fichiers à l'écran. Si en revanche on produit du PDF directement avec pdfTeX, LuaTeX ou XeTeX, on préférera la plupart du temps les images PNG, JPEG, ou PDF, ainsi que les fichiers générés par MetaPost (pour plus de détails, voir Inclure des images, Section 6.24).
PostScript (d'Adobe) est un véritable langage de programmation dont le but principal est la description de pages. Il a été conçu depuis de nombreuses années afin de servir de standard graphique et est de ce fait le langage de certaines imprimantes (dites PostScript). Il supporte les tracés vectoriels comme bitmaps.
Les fichiers d'extension sty sont les packages LaTeX (également appelés style files, d'où l'extension sty). Ils jouent un rôle très important lors de la compilation d'un document LaTeX (chaque ligne \usepackage{machin} du préambule du document, voir Structure et compilation d'un document de base, Chapitre 5, provoque la lecture de machin.sty).
De nombreux autres types de fichiers interviennent autour de (La)TeX, citons en vrac et de manière non exhaustive :
format, c'est-à-dire ensemble de macros TeX précompilées (pour
accélérer leur traitement). LaTeX est en fait un format, et le programme
latex est parfois identique au programme tex (par
exemple, latex peut être un lien symbolique vers
tex). Le fait que l'utilisateur invoque latex
provoque le lancement du moteur TeX avec le format latex.fmt.
classe de document : elle influe profondément sur la mise en page (par exemple, il y a par défaut dans la classe book des en-têtes de pages contenant le nom des chapitres ou sections selon la parité de la page, alors que ces en-têtes sont absents dans la classe article) ;
fichier produit lors de la compilation d'un document LaTeX. Ce fichier contient des informations jugées utiles pour une compilation ultérieure du document (numéro de la page où l'on trouve telle ou telle figure, tel ou tel théorème...) ;
fichier contenant de nombreuses informations sur le déroulement de la dernière compilation du document par TeX ;
fichier généré lors de la compilation d'un document LaTeX qui contient une table des matières.
fichier contenant les métriques d'une fonte (espace à accorder à chaque caractère, kerning...), utilisé par le moteur TeX pour placer les boîtes correspondant à des caractères dans la fonte en question ;
fichier contenant les métriques d'une fonte dans un format conçu par Adobe pour les fontes PostScript ;
fichier contenant les glyphes d'une fonte PostScript, c'est-à-dire le dessin précis de chaque caractère dans cette fonte ;
source d'une police METAFONT ;
rendu bitmap d'une police METAFONT à une résolution choisie par l'utilisateur ;
images bitmap compactées (à la différence du format gf) des caractères d'une police METAFONT à une résolution choisie par l'utilisateur ;
Il y a encore d'autres types de fichiers qui interviennent, par exemple en ce qui concernent les polices, lorsqu'on génère un index, une bibliographie, etc. Mais aucune raison de s'affoler : dans la plupart des cas, ces fichiers sont dans votre distribution TeX (voir Les principales distributions TeX, Chapitre 7), peuvent être téléchargés sur Internet ou sont automatiquement générés par TeX ou les programmes qui gravitent autour (MakeIndex, BibTeX, etc.).
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